Avenue de la Jonction : belles maisons, verre et lumière à Saint-Gilles

À Saint-Gilles, certaines rues se lisent comme une suite de façades. L’avenue de la Jonction est de celles-là. On y trouve une architecture dense, expressive, parfois spectaculaire, où la brique, la pierre, les courbes et les percements racontent un Bruxelles ambitieux, cultivé, soucieux de forme autant que de matière. L’ensemble a du relief, de la tenue, et surtout une vraie personnalité urbaine. 

Le repère le plus connu reste la Maison Hannon, au numéro 1. Classée, conçue par Jules Brunfaut en 1902, elle est l’un des grands jalons Art nouveau du quartier. À elle seule, elle suffit à rappeler que cette avenue n’est pas une rue ordinaire, mais un fragment très construit du patrimoine bruxellois. 

Mais l’avenue de la Jonction ne se résume pas à l’Hannon. Aux numéros 12 et 14, deux maisons dessinées par Paul Hamesse en 1909 et 1910 attirent aussi le regard. Elles prolongent cette idée d’une rue où l’architecture ne se contente pas d’occuper le sol : elle cherche l’effet juste, le rythme, la lumière, la présence. 

L’une d’elles surprend particulièrement par sa saillie vitrée, presque suspendue, qui accroche la lumière et donne à la façade une intensité rare. Impossible de ne pas penser, en la regardant, à certaines recherches bruxelloises autour du verre, du volume et de la transparence. La comparaison avec Victor Horta vient naturellement à l’esprit. Elle relève ici d’une lecture visuelle, pas d’une filiation documentée. Mais elle n’est pas absurde. 

On pense notamment à l’Hôtel Max Hallet, avenue Louise, où Horta atteint en 1902 une forme d’assagissement sans renoncer à la maîtrise de l’espace et de la lumière. Derrière cette même fascination pour le verre, certains verront aussi, en filigrane, l’ombre plus ancienne d’Alphonse Balat et de la tradition bruxelloise des grandes architectures vitrées. Là encore, il faut rester mesuré : c’est une évocation, pas une preuve. Mais à Bruxelles, ce type de résonance n’a rien d’un hasard. 

Ce qui fait la force de l’avenue de la Jonction, ce n’est donc pas seulement la qualité d’un bâtiment isolé. C’est la conversation entre plusieurs maisons fortes, plusieurs signatures, plusieurs manières de faire vibrer une façade. On y sent encore une ville qui voulait bâtir avec ambition. 

Pour l’immobilier, ce type de rue compte. Parce que la valeur d’un bien ne se résume jamais à une moyenne au mètre carré quand l’environnement immédiat porte une telle identité. Dans certains morceaux de Bruxelles, la rue elle-même fait partie du bien. Et l’avenue de la Jonction en est un bon exemple.

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